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RÉACTIONS À LA JOURNÉE INSTITUTIONNELLE

DU 20 NOVEMBRE 2009

À PROPOS DE LA CONFÉRENCE DE MARC-ANDRÉ DENIGER

« En tant que membre du groupe qui travaille sur le plan de Réussir , je suis plutôt contente de constater que la commission scolaire semble vouloir tenir compte de nos vrais besoins.

Par contre, je n’ai pas du tout compris POURQUOI on a voulu nous présenter le discours de monsieur Deniger. J’ai l’impression qu’ils ont été pris dans le temps et que comme c’est le seul discours qu’ils avaient, ils nous l’ont présenté… L’avaient-ils vu ???

Nous avons besoin de sentir l’appui de nos supérieurs, des professeurs des facultés d’éducation et de la population. Nous présenter ce discours, vient en contradiction avec ce besoin.»

ISABELLE LAJEUNESSE, école, Rose-des-vents

« Comme souvent dans les discours de théoriciens, il y avait beaucoup de malhonnêteté intellectuelle. Il [monsieur Deniger] a affirmé, entre autres, que la taille d’une classe n’avait pas d’impact sur les résultats scolaires.

Il se peut que les statistiques indiquent cela, mais ces statistiques sont biaisées, car, dans les écoles secondaires, on forme souvent des groupes plus petits regroupant des étudiants faibles ou ayant des difficultés comportementales.»

NICOLAS KALIAGUINE, centre Tétreauville

« Plusieurs enseignants, pour ne pas dire la totalité des membres dans notre école, ont été outrés par plusieurs passages du discours [de monsieur Deniger]. Le passage sur les ratios d’élèves a beaucoup fait rire… […] et les commentaires condescendants sur le fait que les élèves sont parfois en “attente de l’évaluation” sans activité d’apprentissage…

Un enseignant a même demandé au directeur d’aviser ses patrons qu’ils avaient insulté son intelligence pendant près d’une heure… à la magnifique somme de 75 $ /l’heure… C’est du beau gaspillage ! Encore du temps de planification et de travail pédagogique perdu.»

VIRGINIE CHILA, école Édouard-Montpetit

« M. Deniger faisait preuve de condescendance dans ses propos. Certaines enseignantes ont été outrées ! Des propos qui sous-entendaient toutes sortes de choses en laissant croire que les profs entretenaient des préjugés, par exemple envers les enfants pauvres […] »

CHRISTIANE VÉZINA, école Saint-Louis-de-Gonzague, annexe

« On aurait pu consulter des techniciens branchés, les meilleurs conférenciers, engager un professeur de l’ordre de M. Henry Hoppe par exemple et cuisiner avec compétence un festin digne des enseignants ! Ne valons-nous pas la peine qu’on nous offre un repas inspirant, chaud et délicieux ? […] »

HÉLÈNE THIVIERGE, école Dominique-Savio

« J’avoue que je n’ai pas trouvé très intéressant ce que ce monsieur [Deniger] a raconté […] et je n’étais pas la seule ! Prendrait-il les enseignants pour des analphabètes ? […] »

BADIÂA SEKFALI, centre Tétreauville 

« J’ai trouvé que ça ne servait pas à grand-chose. Plein de bonnes intentions, de lieux communs : ‘‘il ne faut pas trop chica­ner les enfants, il y en a qui apprennent plus ou moins vite, etc.’’. M. Deniger a dit des choses étonnantes […] selon des études !! Lesquelles ? »

JEAN CARON, école La Mennais

« J’ai surtout trouvé qu’il [Marc-André Deniger] plantait les directions et qu’il replaçait leur tâche en la sortant de la gestion. Il a fait ressortir que leur présence active dans l’école était importante […] »

GENEVIÈVE DEAULT, école Victor-Rousselot

« Dépense inutile, discours inutile […] »

PAUL CARRIÈRE, école FACE

« L’exposé était somnifère. Monsieur Deniger n’apportait rien de neuf. Il était condenscendant. J’ai perdu mon temps.

Les enseignants ont également trouvé très ordinaires les présentations de madame De Courcy et de monsieur Petitclerc.»

DIDIER HELLIET, école Georges-Vanier

« Monsieur Deniger n’a jamais enseigné au primaire, on voit bien qu’il s’adresse à des adultes et à des gens haut placés de la commission scolaire qui ne s’intéressent qu’à la théorie. […] »

SIHAM ABOU NASR, école Madeleine-de-Verchères

« J’en veux à la CSDM de ne pas nous avoir écoutés pendant 10 ans de réforme, d’être allée chercher un universitaire [M.-A. Deniger] pour nous dire que ce qu’on demande en négociation nationale, on ne l’aura pas. Par exemple, la baisse de ratios. Il se mêle de ce qu’on fait dans les classes, mais il n’y est pas.»

FRANCINE DEMERS, école Sophie-Barat

« Tout ce que monsieur [Deniger] a dit, ON LE FAIT DÉJÀ !!! Ce qui m’a le plus choquée, c’est d’apprendre à la fin de la vidéo que ce monsieur enseignait depuis 26 ans … à l’université. QUELLE INCOHÉRENCE !!!

Il n’est même pas sur le terrain. Il ne sait pas ce que c’est des jeunes en difficulté […] qui n’ont pas déjeuné le matin, qui vivent de la violence à la maison, qui sont victimes de « taxage » et qui ont de grandes difficultés d’apprentissage ou de comportement. Tous ces élèves sont dans une même classe et nous devons vivre cela au quotidien, sans aide.

J’aimerais qu’il vienne passer, ne serait-ce qu’une semaine, dans une école régulière. Ce ne serait plus le même discours qui nous serait présenté.

Je me demande comment les directions ont pu faire passer cela. Est-ce qu’ils nous prennent pour des incompétents ? »

SYLVIE LAMANQUE, école FACE, secondaire

À PROPOS DES CIBLES INSTITUTIONNELLES ET DES PLANS DE RÉUSSITE

« Pour avoir lu le rapport du comité d’experts sur l’apprentissage de l’écriture (décembre 2007) et les 22 mesures du plan d’action de la ministre sur l’amélioration du français (février 2008), je constate que le contenu des documents préparés reproduit fidèlement les recommandations du comité d’experts et les mesures du plan d’action de la ministre, par conséquent, les causes du taux d’échec et de la faible persévérance scolaire sont déjà identifiées et les remèdes aux maux aussi. […] Tout en dénonçant que des non-élus qui ne sont pas imputables se mêlent de dicter à l’État la façon dont il dépensera les deniers publics en éducation, j’ai également cité les solutions préconisées et réchauffées par le rapport Ménard, mais dans quelques cas éprouvés.»

BENOIT BERGERON, école Louise-Trichet

« Au sujet du plan Réussir ,j’ai une impression de déjà-vu ! C’est un éternel recommencement et on essaie de nous faire croire que c’est notre plan de réussite. J’ai personnellement perdu mon temps, sauf pour ce qui est des discussions entre collègues. […] Je n’avais pas besoin de deux jours là-dessus.»

SYLVETTE MALLET, école Charles-Lemoyne

« Dans la dernière demi-heure, les enseignants de mon groupe (25) ainsi que moi-même avons pété les plombs. Concernant la réforme, l’évaluation et le foutu barème de communication (note de bulletin obligatoire à mettre : 100 %, 92 %, 84 %, 76 %, 68 %, 60 %, 52 %, 44 %, 36 %, ou 28 %.

Selon la réforme, nous ne devons pas faire de cumul de note ni de moyenne, mais dans le bulletin des élèves, l’institution fait une moyenne des notes des différentes compétences d’une même matière.

Beaucoup d’incongruité !!! »

ANNE-MARIE LE SCOUARNEC, école Jeanne-Mance

« Nous avons quand même donné notre point […] et nous avons même donné notre cible : 100 % ! rien de moins ! […] et pourquoi pas, si on nous donne de bonnes conditions de travail !?! »

BADIÂA SEKFALI, centre Tétreauville

« Vous voulez des cibles chiffrées et concrètes, en voici : • ramener les classes de CPF à 18 élèves ; • ne pas placer plus de deux cotes 12 par classe de CPF ; • diminuer le nombre d’élèves dans les classes ; • arrêter d’intégrer les élèves en difficulté dans les classes régulières ; • ne pas accepter qu’un élève qui a 30 % en math de 2e passe en math de 3e ; • arrêter la réforme et revenir à un enseignement par objectif des savoirs, des connaissances et à une évaluation de celles-ci et non des compétences.

En voilà des chiffres qui parlent. Plutôt que de demander aux profs de se culpabiliser sur la place publique, on pourrait simplement retenir leurs idées.»

CHRISTINE LANIESSE, école Louis-Joseph-Papineau

« Ça fait du bien de prendre le temps de réfléchir à la réussite de nos élèves […] mais une chose est certaine : sans ressources monétaires, nos moyens restent limités.

Je crois sincèrement que, dans le réseau public, nous faisons beaucoup avec peu ! Il y a beaucoup de chefs pour prendre les décisions et parfois on s’y perd. […] »

SIHAM ABOU NASR, école Madeleine-de-Verchères

« On nous a montré les statistiques de la CSDM et celles de notre école quant au taux de réussite de nos élèves, mais ces résultats étaient biaisés puisque ceux-ci sont basés sur des évaluations différentes pour chaque école.

Nous avons tout de même pris le temps de nous questionner pour comprendre pourquoi il y avait tant d’élèves en situation d’échec et ce que nous pourrions faire pour améliorer la situation. La conclusion de toutes les solutions apportées se résume, selon moi, à abaisser nos exigences pour satisfaire au taux de réussite de la CSDM.»

GERMAIN LANDRY, école Saint-Grégoire-le-Grand

« Les travaux en sous-comités ont été une bonne chose. On a pu faire le point par rapport à notre plan de réussite, mettre à jour certaines choses et mettre en avant les besoins criants pour répondre aux deux critères du plan Réussir .

[…] On nous a demandé de faire la liste d’épicerie. Voilà qui est fait ! Maintenant, que la CSDM et le Ministère nous la livrent […] on s’occupe de faire la cuisine comme il faut ! »

NICOLAS DALMASSO, centre Saint-Louis

« Nous avons travaillé en équipe et nous avons fait part de nos besoins, comme chaque année. Le sentiment des gens est qu’on nous consulte, chaque année, mais que rien ne se passe.»

ÉRIC FUSINATO, école Honoré-Mercier

À PROPOS DU SOUTIEN AUX ÉLÈVES EN DIFFICULTÉ

« En plénière, on a occulté cette cause fondamentale des difficultés d’apprentissage et du manque de persévérance scolaire des élèves, la pauvreté. Ce fut une grand-messe bien orchestrée. […]»

BENOIT BERGERON, école Louise-Trichet

« Dans cette première rencontre, il n’était nullement question de se pencher sur des demandes d’ajouts de services pour les élèves en plus grande difficulté, pas pour le moment […], mais plutôt de réfléchir sur les moyens à mettre en place dans notre quotidien, dans nos classes, […]

Ce qui me paraît positif, c’est le partage et l’échange qui se feront entre collègues […] pour mieux comprendre d’où viennent les élèves qui arrivent dans nos classes et vers quoi s’en vont ceux qu’on prépare pour l’année suivante.»

MARIE-CLAUDE FORGET, école Saint-Jean-de-Lalande

« Il y a à peu près cinq ans, nous avons déjà fait cet exercice. Par équipe, on nous avait demandé de sortir le plus d’idées possible pour contrer le décrochage scolaire, attirer les élèves à notre école et trouver les moyens pour qu’ils y restent. […]

Nous avions pensé à plusieurs dizaines d’idées. […] Qu’en est-il advenu ? RIEN ! Nous avions, entre autres, proposé d’augmenter le nombre de cours de français. Ils sont plutôt passés de 8 à 6 périodes. […]

On demande encore aux profs de faire des miracles dans ces conditions. Mais que fait la ministre pour nous aider ? Rien. Que fait le Réseau ? Que fait la Commission ? Rien.»

CHRISTINE LANIESSE, école Louis-Joseph-Papineau

« […] Aucun moyen réel n’a été proposé pour la mise en oeuvre d’un meilleur enseignement du français. Plutôt que de mettre 35 élèves moyens ou faibles dans les classes, pourquoi ne pas en mettre 20 faibles et travailler avec eux. L’école est une garderie sociale sous le couvert d’une pseudoéducation. Les demandes faites aux enseignants frôlant la démence et la cruauté […] »

PAUL CARRIÈRE, école FACE

À PROPOS DES DÉRIVES DE LA RÉFORME

« Déjà amorcée par la refonte des programmes de sciences en un seul programme de sciences et technologie et géohistoire par la réforme de l’éducation, la “titularisation” des tâches des enseignants achèvera de tirer une énorme épine du pied des directions d’école dans l’organisation scolaire.

Avec des enseignants subitement métamorphosés en titulaires-généralistes, participerons-nous à l’avènement du dessein de l’OCDE de faire des enseignants des travailleurs taillables et corvéables à merci dans des entreprises-écoles menées par des directeurs omnipotents ? »

BENOIT BERGERON, école Louise-Trichet