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LES BONS COUPS DE LA MOBILISATION

Rédaction : Yves Parenteau ; photos : Elaine Bertrand

Nos membres prennent la plume !

L’initiative des membres de l’Alliance d’écrire aux médias ou de diffuser massivement aux parents et au public des témoignages sur la lourdeur de la tâche enseignante, les difficultés de l’adaptation de l’enseignement ou la justesse des demandes syndicales pour faciliter tant les conditions d’enseignement que les conditions d’apprentissage prend de l’ampleur.

Au lendemain de l’entente Alliance-CSDM sur l’évaluation des connaissances et le jour même de la rencontre des personnes déléguées des syndicats de la FAE, une membre de l’Alliance a lancé le groupe Facebook Soutenons les enseignants du Québec . En moins de deux semaines, plus de 15 000 parents et profs s’étaient joints au groupe qui en compte maintenant 20 000. Les forums de discussion sont très actifs sur cette page et le soutien des parents est solide.

 Un autre collègue de l’Alliance, d’une école secondaire, a réagi au projet d’amendement du calendrier scolaire pour ouvrir les écoles le soir et la fin de semaine à des fins éducatives et d’accommodements raisonnables en écrivant une lettre à la ministre Courchesne. Cette lettre a d’ailleurs été publiée sur ruefrontenac.com dès le lendemain.

Une autre membre de l’Alliance, du secteur de l’accueil et de la francisation, a accordé une entrevue au journaliste-blogueur Louis Préfontaine qui relate son témoignage sur un abus possible de l’adaptation de l’enseignement et des accommodements raisonnables sur le blogue louisprefontaine.comCet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. .

Une collègue du primaire, actuellement en congé sabbatique, mais incapable de rester immobile après avoir pris connaissance des offres patronales, a rédigé un vibrant témoignagequi a été lu à l’Assemblée des personnes déléguées de l’Alliance et soumis aux médias. La lettre n’a pas encore été publiée.

Enfin, une enseignante, du centre de formation professionnelle EMICA, a répondu par écrit à l’invitation lancée par la direction du centre qui offrait de partager un repas pour souligner la Semaine des enseignantes et enseignants . Une main de fer dans un gant de velours ou une lettre rédigée sur du papier fin à l’encre rouge ?

Audience auprès du Conseil des commissaires et opération On veut une convention, pas des bonbons !

Le Conseil des commissaires de la CSDM a reçu en audience le 24 février dernier trois représentants de l’Alliance qui ont demandé aux commissaires leurs commentaires et leur niveau d’appui par rapport aux demandes syndicales et aux offres patronales. Johanne Sanschagrin, enseignante de coiffure à l’école des métiers des Faubourgs de Montréal, Nathalie Morel, présidente de l’Alliance, et Vianney Lanctôt, enseignant d’éthique et culture religieuse à l’école secondaire La Voie, représentaient l’Alliance à cette audience.

Notre collègue Johanne Sanschagrin a exprimé aux commissaires qu’il n’y aura plus de comparaisons possibles entre les conditions salariales, les conditions de travail ou l’horaire de travail de l’industrie et celles de l’enseignement dans les centres de FP. À tout point de vue, toutes ces conditions seront plus avantageuses dans l’industrie si les offres patronales sont appliquées. Elle prédit une désertion sans précédent des profs de la FP qui retourneront à la pratique de leur métier dans l’industrie. Aucun commissaire n’a réagi à son témoignage.

Notre confrère Vianney Lanctôt a également témoigné de la réalité d’enseigner en milieux multiethniques et des conditions minimales de réussite nécessaires à ces élèves pleins de bonne volonté, mais qui ne maîtrisent pas tous les rudiments de la langue commune, de la langue nationale, de la langue française. Il a demandé aux commissaires de se prononcer sur les demandes syndicales de prolonger les séjours en classe d’accueil pour les élèves allophones et sur la demande de réduire le ratio maître-élèves dans les groupes du secondaire. Ses questions sont restées sans réponse.

Notre présidente, Nathalie Morel, a pour sa part exprimé au nom de ses collègues membres de l’Alliance le sentiment d’outrage et de colère qu’ils ressentent par rapport aux offres patronales et aux mépris dont fait preuve le Comité patronal de négociation en ne répondant à aucune des demandes syndicales dans le dépôt patronal. La présidente de l’Alliance a rappelé aux commissaires qu’en moins d’un an, l’Alliance et la CSDM sont arrivées à s’entendre par la négociation pour le renouvellement de la Convention collective locale et sur l’évaluation des connaissances sur la base du même tronc commun : alléger la tâche enseignante pour améliorer la réussite des élèves. Mme Morel a fait appel aux commissaires pour qu’ils exportent jusqu’à la Fédération des commissions scolaires et au ministère de l’Éducation cette orientation d’améliorer les conditions d’apprentissage en améliorant les conditions d’enseignement. Bon nombre de nos demandes syndicales, telles les maternelles 4 ans dans toutes les écoles, les baisses de ratio, la maîtrise du français, sont même des moyens évoqués dans le plan Réussir de la Commission. La CSDM est la plus grosse commission scolaire au Québec, comme l’Alliance est le plus gros syndicat de l’enseignement. Nos organisations travaillent auprès de plus de 10 % de tous les élèves du Québec. Nos voix doivent se faire entendre à Québec si l’on souhaite relever sérieusement le défi de la réussite éducative de l’école montréalaise. L’appel de Mme Morel est resté sans réponse.

 

Près de deux cents membres de l’Alliance se sont déplacés, d’une part, pour soutenir leurs trois collègues reçus en audience par le Conseil des commissaires et, d’autre part, pour retourner à l’expéditeur les cadeaux offerts par les directions d’établissement à l’occasion de la Semaine « patronale » des enseignantes et enseignants . La présidente de la CSDM a cependant clairement exprimé son désaccord envers ce moyen de pression qu’elle a qualifié de mauvais goût.

 

L’opération On s’affiche !

L’Opération amorcée par l’Alliance et maintenant incluse dans le plan d’action national va bon train depuis plus d’un mois. Les membres de l’Alliance portent leur chandail aux couleurs de l’Alliance et de la FAE orné du slogan Autonomes en négo, solidaires en action lors des rencontres avec la direction comme le montre si bien les collègues de l’école Garneau sur la photo ci-contre.

La plupart des enseignantes et enseignants des écoles secondaires ont également porté le chandail lors des rencontres de parents pour la remise du bulletin de la deuxième étape. Les 48 profs de l’école Honoré-Mercier ont amorcé le tout à la fin de janvier en lançant le défi à leurs collègues de l’école voisine de faire de même. Un défi aussitôt relevé par les 60 enseignantes et enseignants de Saint-Henri la semaine suivante. Depuis, la solidarité est bien établie et la plupart des équipes-écoles poursuivent le mouvement. Simultanément à cette action, des militantes et militants de l’Alliance ont distribué pas moins de 30 000 tracts aux parents d’élèves à l’occasion des remises de bulletin. L’accueil des parents aux demandes syndicales d’améliorer le soutien aux élèves est très favorable, tout comme leur opposition unanime à offrir des activités éducatives les soirs et les fins de semaine. « Les enfants ont besoin de faire autre chose. Ils ont déjà plus de 25 heures de cours. Les profs en font déjà assez ! Quelle est l’intention du gouvernement, vous épuiser ? », ont été les propos des parents les plus souvent entendus lors de ces distributions de tracts.

D’autres initiatives intéressantes ont été mises en branle, notamment à l’école Sainte-Bernadette-Soubirous où les profs ont érigé le Mur du mécontentement dans le salon du personnel après avoir été sommés par la direction de l’école de limiter leur affichage au babillard syndical. Par ailleurs, l’équipe syndicale de l’école La Voie a placardé les murs et les pupitres de l’école d’une affiche et les enseignantes et enseignants de l’école ont observé une minute de silence au son de la cloche de l’école pour appuyer nos demandes syndicales. « On aurait pu entendre un crayon tomber dans le gymnase rempli de parents durant la minute de silence », de confier le délégué syndical de l’école.

L’opération Post-it

Cette Opération, également incluse dans le plan d’action national, vise à alerter tous les intervenants du monde scolaire des enjeux de cette ronde de négociation. Probablement inspirés par la campagne publicitaire télévisée de Défi tabac , plusieurs membres de l’Alliance ont créé des œuvres d’art avec ces petits papiers collants ornés de slogans.

Les collègues de l’école Saint-Jean-de-Matha ont préparé la table de négociation, ceux de l’école Bienville ont voulu s’assurer que la direction de l’école soit bien au fait de ce que ses représentants du Comité patronal de négociation demandent aux profs au nom des directions d’établissement : concessions, alourdissement de la tâche, prolongement de l’horaire de travail…

 

L’équipe-école de Victor-Doré (photo de gauche) a également trouvé le meilleur endroit pour susciter la réflexion sur les offres patronales dans cette ronde de négociation alors que les profs de l’école Sainte-Bernadette-Soubirous (photo ci-dessous), toujours frappés de l’interdiction d’afficher quoi que ce soit sur les murs de l’école…, se sont dressés tel un mur pour exposer les messages de ces papiers aide-mémoire.