Lettre ouverte aux médias - MISE AU POINT SUR LA GRÈVE DES PROFS DE NOVEMBRE 2001 - LES PARENTS ONT DROIT À UNE INFORMATION JUSTE ET PRÉCISE
Depuis que la Cour supérieure du Québec a autorisé le recours collectif contre l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, des éditorialistes et commentateurs de médias s’en sont donné à cœur joie sur le dos du syndicat des profs de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).
Je n’ai nullement l’intention de critiquer les positions de ces observateurs de la scène publique qui contribuent par leur travail à provoquer de nécessaires débats de société. Le lectorat et l'auditoire sont amplement capables de faire la part des choses et de retenir les arguments utiles pour se faire une opinion.
Encore faut-il cependant que cette opinion puisse se construire à partir de faits justes et précis. Sur la base du droit à l’information, il m’apparaît essentiel de corriger les fausses affirmations diffusées à propos de la grève de novembre 2001 et des intentions de l’Alliance dans sa campagne de désistement.
L’ALLIANCE NE S’EST PAS OPPOSÉE À L’OUVERTURE DES SERVICES DE GARDE
Il est faux d'affirmer que l'Alliance s’est opposée à l’ouverture des services de garde lors de la grève de l'an dernier. Devant la confusion qu’entraînait l’annonce de la décision de la CSDM de fermer ses établissements, nous avons multiplié les interventions publiques et privées pour que notre employeur révise sa décision au sujet des services de garde (entrevue de Pierre Craig avec Marcellin Noël de la CSDM et Pierre St-Germain de l’Alliance à la SRC, Le midi, le 19 novembre 2001 et communiqué de l'Alliance du 20 novembre 2001). La décision finale fut prise par la CSDM (avec l’aval du Comité central des parents).
Oser dire ou croire que les profs auraient menacé la sécurité des élèves qu’on leur confie pourtant le reste de l’année relève de la plus pure fantaisie. Les profs travaillent jour après jour à créer un lien de confiance et de sécurité avec les enfants. Personne n’a même eu l’idée de compromettre cette relation avec les élèves, même au plus fort du conflit de travail.
FORCER LA MAIN AUX PARENTS ?
La campagne de désistement du recours collectif n’est pas une campagne de tordage de bras. Nous croyons que les parents ont droit à l'information et qu’ils doivent savoir qu’ils sont tous liés à ce recours collectif intenté en leur nom, et ce, qu’ils le veuillent ou non. Il est vrai qu’il est dans notre intérêt de les informer, mais c’est aussi un droit et un devoir de le faire. Les parents ont le droit de savoir qu’ils peuvent se désister. Ils doivent savoir que, pour ce faire, ils doivent faire la démarche de signer le formulaire et de l’envoyer au tribunal. La loi est ainsi faite. Le processus est complexe.
L’Alliance n’a jamais voulu intimider personne. Nous n’avons pas forcé la porte des réunions de parents à l’occasion de la rentrée scolaire. Nous avons demandé l’autorisation à la haute direction de la CSDM, et nos membres ont fait de même auprès des directions d’école ou des responsables des assemblées de parents avant d’intervenir lors de ces rencontres. Là où la permission nous a été refusée, nous ne sommes pas intervenus. La consigne adressée aux membres indique de ne pas aborder la question en classe et de ne pas solliciter les élèves.
Quant aux insinuations de menaces de représailles, elles ne reposent sur aucun fait concret. L’Alliance a confié à une firme de vérificateurs comptables le mandat de recevoir tous les formulaires de désistement et de les acheminer à la Cour supérieure sans qu’aucune copie conforme ne soit émise. Cette mesure vise à assurer la neutralité, la confidentialité et à éliminer toutes les craintes des parents quant aux conséquences de leur choix de signer ou non les formulaires de désistement. C’est un geste individuel et tout à fait confidentiel que les parents sont invités à poser.
LES APPUIS DE L’ALLIANCE
Certains éditorialistes se plaisent à croire et à écrire que l’Alliance est isolée dans sa démarche et qu’elle n’obtient même pas l’appui de sa centrale syndicale. C’est faux ! Le Conseil fédéral de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) a unanimement exprimé sa solidarité à la lutte menée par l’Alliance. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a publiquement confirmé son appui qui se concrétise par un soutien juridique.
UNE QUESTION DE DROIT
Toute personne est libre de penser et de dire ce qu’elle veut. Cependant, la rigueur journalistique impose que la nouvelle ou le commentaire soient basés sur des faits vérifiés, c'est une simple question de crédibilité et de respect pour le lectorat ou l’auditoire.
Les profs de l’Alliance continueront leur campagne de désistement en respectant les parents, malgré les difficultés rencontrées, le discours anti-syndical, les campagnes de dénigrement ou les faussetés véhiculées.
Les parents ont droit à l’information. Les parents ont le droit de faire un choix. L’Alliance a également le droit de faire valoir son point de vue !
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