Les profs retournent les programmes de la réforme au ministre - L'ÉQUITÉ SALARIALE AVANT UNE RÉFORME
Les enseignantes et enseignants des commissions scolaires de Montréal, de Marguerite-Bourgeoys et de la Pointe-de-l’Île ont poursuivi aujourd’hui l’action entreprise cette semaine par leurs collègues des autres régions du Québec en manifestant leur mécontentement envers le gouvernement Landry qui refuse de leur accorder un traitement à 100 % du rangement 21 de la structure salariale de la fonction publique.
Manifestant devant les bureaux du ministre de l’Éducation à Montréal, les membres des syndicats de l’enseignement de l’Ouest de Montréal (SEOM), de la Pointe-de-l’Île (SEPI) et de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal ont posé un geste symbolique en déposant leur programme de formation de la réforme dans des bacs de récupération installés à l’entrée de l’édifice.
« Le gouvernement veut le beurre et l’argent du beurre », a affirmé le président de l’Alliance, M. François Audet. « Des études indépendantes menées avant la réforme ont démontré que la tâche d’enseignement nécessite au moins 40 heures de travail par semaine. Les exigences du MEQ pour appliquer sa réforme provoquent un surplus de tâche qui porte à près de 45 heures en moyenne la semaine de travail. Pourtant, le Conseil du trésor continue de prétendre que si on élimine le « peaufinage » inutile, le temps hebdomadaire requis pour assumer ces fonctions n’est que de 35 heures. Le « peaufi- nage », c’est, entre autres, la réforme, l’élaboration de nouveau matériel pédagogique et l’organisation d’activités ou de sorties éducatives. Nous allons montrer au gouvernement à quoi ressemble l’éducation quand on cesse de peaufiner », d’ajouter le président de l’Alliance.
Après 10 ans de travaux sur l’évaluation de l’emploi et du temps de travail, les enseignantes et enseignants sont les seuls employés de l’État à s’être vu refuser une pleine reconnaissance de la valeur de leur emploi au sein de la fonction publique. « Avec le gouvernement Landry, le « deux poids, deux mesures » est possible même quand il s’agit d’une question de justice sociale aussi fondamentale que l’équité salariale », de commenter Mme Nicole Frascadore, présidente du SEOM. « En plus de subir depuis des décennies une discrimination salariale à cause de leur emploi à prédominance féminine, les profs sont, une fois de plus, victimes de discrimination parce qu’ils sont nombreux. Ce gouvernement pervertit les fondements de la Loi sur l’Équité salariale en tentant de réduire ses obligations », d’ajouter Mme Frascadore.
Les enseignantes et enseignants sont résolus à accentuer la pression tant que le gou- vernement n’appliquera pas le principe « à travail équivalent, salaire égal » dans son offre au personnel enseignant. « L’enseignement est un emploi comparable à ceux des professionnelles et professionnels de la fonction publique. Nous sommes prêts à mener la bataille tant et aussi longtemps que le gouvernement ne nous accordera pas le traitement salarial de nos confrères et consœurs professionnels du gouvernement », de poursuivre Mme Micheline Bouchard, présidente du SEPI. « Les ministres responsables de l’Éducation et du Conseil du trésor se doivent de s’entendre et d’agir rapidement. Les préparatifs pour la rentrée de septembre 2002 se font au cours des prochaines semaines. MM. Simard et Facal pourraient avoir une surprise », de conclure Mme Bouchard.
Le SEOM, le SEPI et l’Alliance représentent les quelque 12 000 enseignantes et enseignants des écoles primaires et secondaires, des centres de formation des adultes et de formation professionnelle de l’Île de Montréal.
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