Nouveaux programmes de formation - LES CONNAISSANCES DOIVENT AUSSI FAIRE L'OBJET D'ÉVALUATION
Après une première lecture rapide, l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal reçoit avec un certain optimisme les nouveaux programmes de formation déposés aujourd’hui par le ministre de l’Éducation, M. François Legault. Les connaissances, qui avaient été écartées des programmes présentés l’an dernier au profit d’une approche centrée exclusivement sur les compétences, ont maintenant une place importante dans cette version amendée à la demande du ministre le printemps dernier.
« Le ministre Legault a bien fait d’écouter plusieurs intervenants crédibles du milieu de l’éducation qui réclamaient de retourner les programmes à la planche à dessin. Il a fait preuve d’un courage politique, tout à son honneur, en exigeant des amendements à ces programmes qui avaient été livrés au personnel enseignant avec beaucoup de retard. Un premier pas a été franchi dans la bonne direction en faisant une place importante dans les programmes à l’acquisition des connaissances. Pour que le tout soit fonctionnel, il faudra également que le ministre exige de réviser la politique d’évaluation des apprentissages et son cadre de référence », de commenter le président de l’Alliance, M. François Audet.
Selon l’Alliance, la réforme vient de faire un pas dans une autre direction qui semble être celle que les profs de Montréal souhaitaient. « Même si nous sommes sur la bonne voie, nous ne sommes pas encore arrivés au terminus », d’ajouter le vice-président de l’Alliance, M. Pierre St –Germain, responsable du dossier de la réforme du curriculum. Pour que l’acquisition des connaissances puisse servir au développement des compétences, il faut avoir les moyens de l’évaluer. « L’écueil majeur qui subsiste se situe au niveau du cadre de référence de l'évaluation des apprentissages qui oblige les profs à n’évaluer que les compétences de l’élève par l’élaboration de projets et proscrit le recours à l’examen ou aux travaux sur des règles spécifiques telles que la grammaire et la syntaxe », d’ajouter M. St-Germain.
Or, ce retour à l’enseignement systématique des règles fondamentales (les connaissances), réclamé à hauts cris par l’Alliance et nombre d’intervenants lors de la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, a été l’une des principales recommandations du rapport Larose rendu public cette semaine. « En toute cohérence, le ministre Legault doit refaire la politique d’évaluation et adopter la 28e recommandation de ce rapport : Qu’à chacun des cycles des cours primaire et secondaire soit formellement vérifiée l’acquisition des connaissances en français conformément aux objectifs définis pour chacune de ces étapes. L’échec devra déclencher une opération de rattrapage donnant droit à une reprise pour accéder au cycle suivant. Transmettre les connaissances aux élèves sans pouvoir vérifier si elles sont acquises est un acte éducatif incomplet », de conclure Pierre St-Germain.
L’Alliance prendra le temps d’analyser au cours des prochaines semaines les programmes de formation de fond en comble avant de réagir sur les aspects particuliers de ce nouveau document.
L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal représente les 7 300 enseignantes et enseignants de la Commission scolaire de Montréal.
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