L'Alliance commente le rapport Larose : oui au retour de la grammaire
Montréal, le 21 août 2001. ? L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal reçoit favorablement la majorité des recommandations de la Commission Larose en matière d’éduca- tion, particulièrement les 26e et 28e à l’effet que le code linguistique soit enseigné en bonne et due forme dans une pédagogie axée sur la transmission des connaissances et que l’acquisition de ces connaissances soit formellement évaluée.
Selon l’Alliance, ces deux recommandations s’attaquent au cœur du problème de maîtrise de la langue qui sévit dans nos écoles depuis plus de deux décennies. « Elles remettent en question l’approche communicative privilégiée par le MEQ depuis 1980 qui axait l’ensei- gnement du français sur l’acquisition de compétences au détriment de l’acquisition des savoirs et de l’enseignement systématique de la grammaire, de l’orthographe, de la syntaxe et de la ponctuation. La Commission pose le bon diagnostic et propose le bon remède en recommandant des programmes incluant l’acquisition des connaissances et la nécessité de les évaluer », de commenter M. François Audet, président de l’Alliance. « Le constat d’échec est indéniable, il faut vite corriger le tir alors que le MEQ est en train de réécrire les programmes et la politique d’évaluation pour empêcher que cette approche par compétences se répande à toutes les autres matières, comme le propose l’actuelle réforme de l’éducation », d’affirmer M. Audet. De plus, il faudra appliquer la recommandation de fournir une grammaire à chaque élève et de rendre disponibles des dictionnaires en classe.
L’Alliance est également d’accord sur la proposition d’évaluer le niveau de maîtrise de la langue française des étudiantes et étudiants en formation des maîtres. « Les profs qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue ont été victimes de l’enseignement des vingt dernières années axé uniquement sur le développement des compétences. Si les programmes du primaire et du secondaire sont modifiés, les craintes de la population vont vite s’apaiser puisque leurs compétences s’appuieront sur une solide connaissance du code linguistique. Nous n’avons rien contre le fait d’imposer des examens aux futurs maîtres. Ces évaluations doivent cependant être administrées au début et à la fin du parcours universitaire pour finalement reconnaître leurs connaissances langagières », de poursuivre le vice-président de l’Alliance, M. Pierre St-Germain.
En ce qui a trait à la recommandation d’adopter des politiques institutionnelles dans chaque établissement d’enseignement, l’Alliance voit d’un bon œil, dans le contexte de l’école montréalaise, la possibilité de clarifier des situations problématiques dans nos établissements scolaires. Une occasion également de préciser certaines pratiques avec des fournisseurs pour, par exemple, exiger des manuels d’instruction et du matériel en bon français pour les cours de sciences ou en formation professionnelle.
Quant à l’anglais langue seconde, bien que l’Alliance partage l’avis de la Commission qu’il n’est pas souhaitable de l’enseigner dès le 1er cycle du primaire, elle considère que la recommandation de doubler le temps accordé à cette matière au 3e cycle du primaire et au secondaire risque de causer des problèmes organisationnels, l’espace-temps n’existant pas. Selon le vice-président de l’Alliance, chaque minute supplémentaire consacrée à une matière ne peut se faire qu’au détriment d’une autre. En 5e et 6e années, si cette recommandation était appliquée, l’éducation physique et l’enseignement des arts plastiques et de la musique seraient mis en péril.
Enfin, l’Alliance se réjouit que la Commission Larose reconnaisse que les classes d’accueil, actuellement menacées, sont une bonne passerelle vers l’intégration en classes ordinaires. Les enseignantes et enseignants de Montréal sont également d’accord à ce qu’elles soient situées dans les écoles de quartier, dans des locaux appropriés, comme ils le souhaitent depuis longtemps.
L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal représentent les quelque 7300 enseignantes et enseignants de la Commission scolaire de Montréal.
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Source : Alliance des professeures et professeurs de Montréal
Information : Yves Parenteau, attaché de presse : (514) 383-4880, poste 241
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