LA RÉFORME DE L’ÉDUCATION RETOURNE À LA PLANCHE À DESSIN
Le ministre de l’Éducation, M. François Legault, a finalement décidé de mettre un terme au cafouillage et à l’improvisation des fonctionnaires de son ministère chargés d’implanter la réforme.
Après la politique d’évaluation des apprentissages, le ministre vient maintenant de demander à son ministère de revoir et de corriger les nouveaux programmes de formation issus de la réforme du curriculum. L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal avait déclaré en décembre dernier, dans une lettre ouverte aux médias, « […]ce sont des pans entiers de cette réforme, à commencer par le contenu des programmes d’études, qui doivent être retournés à la planche à dessin […]» (Le Devoir, 6 décembre 2000, cahier A, page 8, et La Presse, 7 décembre 2000, cahier A, page 20), et elle se réjouit de la décision du ministre.
Le ministre a dit jeudi dernier à Rimouski qu’il retournait ses fonctionnaires à leurs devoirs pour réécrire les programmes de formation et que, dans ces circonstances, la réforme ne devait pas franchir d’autres étapes. Questionné à l’Assemblée nationale le lendemain,
M. Legault a confirmé que les programmes étaient en réécriture.
« Les commentaires de l’Alliance et de nombreux autres syndicats de l’enseignement sur les ratés de cette réforme ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Le ministre a pris les bonnes décisions de suspendre l’application de la politique d’évaluation des apprentissages et des programmes de formation de la réforme. L’absence de ces deux pièces maîtresses a compliqué le travail des enseignantes et des enseignants. Pour s’assurer que les programmes et la politique d’évaluation soient compréhensibles et adaptés aux réels besoins des élèves, il vaut mieux que le ministre arrête immédiatement l’implantation de la réforme afin de corriger le tir », a commenté François Audet, président de l’Alliance.
Outre ces deux problèmes majeurs, l’implantation de la réforme bat également de l’aile en ce qui a trait au manque criant de temps pour la concertation entre collègues et la préparation de nouveaux projets. L’insuffisance de ressources et les lacunes de la formation sur les nouveaux programmes et des mesures de perfectionnement pour les ensei- gnantes et enseignants dont les matières sont appelées à disparaître dans le nouveau curriculum obligeront le ministère à revoir ces aspects de la réforme. De plus, la question du bulletin risque de refaire surface dès septembre puisque aucunes nouvelles directives ministérielles ne sont venues préciser les imbroglios de l’an dernier.
L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal représente les quelque 7300 enseignantes et enseignants de la Commission scolaire de Montréal.
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