Les profs réclament que le ministre de l’éducation permette le redoublement et l’évaluation des connaissances
Au lendemain du Conseil fédéral de la FSE où les syndicats d’enseignement du Québec ont résolu de réclamer des modifications à la nouvelle politique d’évaluation des apprentissages proposée dans le cadre de la réforme, l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal réitère son cri d’alerte lancé l’automne dernier au ministre de l’éducation, François Legault, de réintroduire l’acquisition et l’évaluation des connaissances dans les programmes de formation et de permettre le redoublement à tous les degrés d’enseignement primaire et secondaire.
Sévèrement contesté par l’Alliance en novembre et décembre derniers, le projet de politique d’évaluation, qui fait présentement l’objet de consultations, interdit notamment aux enseignantes et enseignants de recourir aux examens pour vérifier le niveau des connaissances des élèves, l’évaluation des élèves devant porter exclusivement sur le développement des compétences de l’élève sur la base des projets (travaux) qu’il aura réalisés en cours d’année. De plus, le projet de politique d’évaluation permet le recours au redoublement uniquement à la fin des trois cycles d’enseignement primaire (6e année).
" Contrairement à ce qu’il affirmait en décembre dernier, le ministre Legault ne peut plus prétendre que seule l’Alliance réclame des modifications sur le fond de cette réforme pour éviter son dérapage. Le ministre ne peut banaliser l’avis de l’ensemble des syndicats d’enseignement du Québec qui s’oppose à la prédominance de l’approche par compétences et à l’effet que l’évaluation de l’acquisition des connaissances doit être aussi importante que le développement des compétences pour permettre aux élèves d’atteindre la réussite éducative ", de commenter Monique Séguin, présidente de l’Alliance.
" De plus, l’échec et le redoublement doivent être clairement permis dans la politique d’évaluation si l’on veut que la réussite scolaire soit signifiante. Les mesures de soutien aux élèves en difficulté sont rares dans nos écoles. Si elles ne suffisent pas à combler les retards d’apprentissage d’un élève, le redoublement devient nécessaire pour éviter de créer une illusion de réussite ", de dire Mme Séguin ajoutant que " l’idée de créer un diplôme de 3e secondaire est une autre forme inacceptable de nivellement par le bas. "
La Politique d’évaluation des apprentissages est le document officiel du MEQ qui indique aux enseignantes et enseignants les objets et les méthodes d’évalua- tion ainsi que les moyens de communiquer les résultats scolaires aux parents. Le ministre de l’Éducation devra donc prendre une décision rapidement s’il souhaite l’appliquer pour la rentrée de septembre prochain.
" Bon nombre d’écoles ont dû s’inventer un bulletin à la rentrée scolaire de septembre dernier puisque les programmes de la réforme s’appliquaient sans qu’il y ait de politique d’évaluation officielle. Personne ne souhaite une rentrée aussi chaotique que la dernière. Le ministre Legault devra donc agir rapidement s’il ne veut pas mettre en péril le parcours scolaire d’une génération d’élèves. Une année gâchée, c’est déjà trop ", de conclure la présidente de l’Alliance.
L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal représente les quelque 7 300 enseignantes et enseignants des ordres préscolaire, primaire et secondaire, ainsi que de la formation professionnelle et de la formation générale adulte à la Commission scolaire de Montréal.
Source : Alliance des professeures et professeurs de Montréal
Information : Yves Parenteau, attaché de presse : (514) 383-4880
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