Santé et sécurité au travail

Le Vérificateur général du Québec (VGQ) semonce le MELS sur l’entretien des écoles et les commissions scolaires sur la qualité de l’air

Le Vérificateur général du Québec a publié son rapport annuel le 29 novembre dernier. Deux chapitres importants de son rapport font état d’enquêtes menées  sur la qualité de l’air et sur l’entretien des bâtiments dans les établissements scolaires.

Le VGQ blâme sévèrement le MELS de ne pas respecter les normes en ce qui a trait aux rénovations et à l’entretien des écoles.

Il souligne que l'encadrement de la qualité de l'air intérieur par les commissions scolaires vérifiées est souvent insatisfaisant. Il mentionne que la Commission scolaire de Montréal a un plan de gestion de la qualité de l'air intérieur, mais il affirme que ce dernier doit s'inscrire davantage dans un processus continu et être pleinement opérationnel.

Communiqué VGQ sur qualité de l’air

Communiqué VGQ sur l’entretien des bâtiments

Faits saillants du rapport 2012-2013 du VGQ

Session de formation sur la qualité de l’air dans les écoles

La mauvaise qualité de l’air intérieur et la contamination par les moisissures n’épargnent pas le milieu scolaire comme on peut le constater à la CSDM avec de nombreuses écoles qui sont fermées ou en rénovation majeure pour contrer ce fléau. Plusieurs personnes, élèves ou membres du personnel éprouvent des symptômes tels la congestion nasale, des rhumes chroniques, des problèmes pulmonaires, des maux de tête ou des étourdissements.

Pour mieux faire face à cette réalité, l’Alliance a offert une journée de formation le 29 novembre dernier sur les impacts d’une mauvaise qualité de l’air ainsi que sur les droits et obligations des travailleurs et des employeurs quant au signalement de problèmes de santé liés à la présence de moisissures.

Une meilleure compréhension du processus de caractérisation d’une contamination fongique et des effets de celle-ci sur la santé du personnel et des élèves permet de jeter les bases d’une réflexion sur les moyens à déployer pour faire face à cette réalité, tant individuellement que collectivement.

Pour celles et ceux qui n’ont pas pu assister à cette session de formation syndicale de monsieur Michel Legris, hygiéniste du travail de la direction de la santé publique de Québec, l’Alliance publie les documents utilisés dans le cadre de cette session pour que toutes et tous puissent détecter les problèmes de qualité de l’air et de contamination par les moisissures de leur milieu de travail et agir rapidement.

Pour renseignement complémentaire, les membres de l’Alliance peuvent contacter le responsable de l’animation syndicale de leur établissement.

Voir votre contact au CA

Les présentations de monsieur Michel Legris

Tout ce que vous devriez savoir sur la qualité de l’air et sur les moisissures (152 pages)

Introduction aux contaminants et aux normes de ventilation (49 pages)

Diffuseur d’air et prévention (71 pages)

Conclusion et références (33 pages)

Programme d’amélioration de la qualité (68 pages)

Session de formation — L’art de la reconnaissance

Dans le cadre du programme de formation syndicale de l’Alliance, la session spécialisée en santé-sécurité au travail a, de nouveau cette année, attiré l’attention des enseignantes et enseignants.

Les deux présentations de la conférence du Dr Serge Marquis L’art de la reconnaissance ont été tenues à guichets fermés.

Qui est Serge Marquis

Serge Marquis est médecin spécialiste en santé communautaire et a complété une maîtrise en médecine du travail au London School of Hygiene & Tropical Medicine.

Depuis plus de trente ans, il s’intéresse à la santé des organisations. Il a développé une expertise en matière de stress, d’épuisement professionnel et de détresse psychologique dans l’espace de travail. Il s’est également intéressé à la difficulté de maintenir un équilibre entre la vie au travail et celle à l’extérieur du travail. Il a étudié la perte de sens, la soif de reconnaissance et le rapport complètement névrosé qu’a l’homme moderne avec le temps. En 1995, il a mis sur pied sa propre entreprise de consultation dans le domaine de la santé mentale au travail, entreprise appelée : T.O.R.T.U.E.

Pourquoi la reconnaissance?

« L’être humain a forgé son identité à travers la reconnaissance. Les milieux de travail contemporains semblent ignorer ce fait et négligent l’impact du regard porté sur l’utilité et la beauté du travail de l’autre, des autres, » — Serge Marquis

C’est sur ces bases que s’amorce la conférence et sur une affirmation encore plus choc. « Le moment où un individu reçoit le plus de reconnaissance dans sa vie…, c’est lors de ses funérailles! »

Selon Dr Marquis, les vertus de la reconnaissance sur le climat et la motivation au travail sont exponentielles. La reconnaissance doit être tant verticale (le patron vers ses employés) qu’horizontale (les employés entre eux et leur environnement familial ou social).

Si on peut parfois douter des bienfaits de la tape dans le dos à son collègue, à l’inverse personne ne doute des méfaits de cette même tape, si elle est portée sur les doigts. Dr Marquis cite certaines phrases réelles, tirées de rapports d’évaluation d’employés, formulées par des patrons à la délicatesse d’une feuille de papier sablé.

  • « Travaille bien seulement lorsqu’il est sous surveillance constante et qu’il est coincé comme un rat dans un piège »;
  • « Je ne permettrais pas à cet employé de se reproduire »;
  • « Cet employé devrait aller loin; et le plus tôt il part, le mieux ce sera »;
  • « Cet employé prive un village quelque part, d’un idiot »;
  • « Un organisme unicellulaire le bat sur les tests de QI »;
  • « S’il était plus stupide, il faudrait l’arroser deux fois par semaine »
  • « C’est difficile de croire qu’il a battu un million de spermatozoïdes ».

Celles et ceux qui ont passé leur période probatoire ou qui ont subi une évaluation professionnelle ont toutes et tous des souvenirs difficiles à dissiper. Ces mots blessent et laissent des marques. Ils peuvent avoir un effet à long terme sur des valeurs comme la mobilisation et la motivation. A contrario, le conférencier cite l’exemple de Malcolm Dalkoff, un auteur de renom qui œuvre dans le domaine de la publicité depuis près de 25 ans. Enfant, Malcolm était d’un naturel timide et anxieux. Il avait peu d’amis et aucune confiance en lui. Un jour, son professeur de littérature a demandé aux élèves d’imaginer la suite d’un roman célèbre. Aujourd’hui, Dalkoff ne se souvient ni de ce qu’il a écrit ni de sa note, mais une chose est sûre c’est qu’il n’oubliera jamais la remarque dans la marge laissée par son enseignante : Vous avez une bonne plume. Cinq mots qui ont changé sa vie. « Avant cette remarque, j’ignorais ce que je valais et n’avais aucune idée du métier que j’exercerais. Ce jour-là, je suis rentré chez moi et j’ai rédigé une nouvelle. J’en avais toujours rêvé, mais je m’en étais toujours cru incapable. »

Les enseignantes et enseignants ont tous vécu des situations semblables. Être une personne significative pour un enfant, lui faire voir les choses différemment, lui faire comprendre des concepts complexes ou simplement trouver la corde sensible à faire vibrer pour qu’il se sente capable d’accomplir une tâche. C’est ce que le Dr Marquis appelle la reconnaissance horizontale, car elle ne s’opère pas de façon hiérarchique (du patron vers l’employé) même si le prof est dans un rapport d’autorité vis-à-vis de son élève. Le conférencier nous invite à agir de même avec notre entourage, nos collègues, nos enfants, nos voisins. Cette façon d’être contribue à modifier les façons de faire et à créer un climat de plus franche collaboration.

Définition de la reconnaissance

Les participantes et participants ont été invités à donner leur propre définition de la reconnaissance. Bien que plusieurs réponses étaient semblables, certaines se démarquaient du groupe. En voici quelques exemples :

« La reconnaissance, c’est : une manifestation positive de l’autre sur les actions posées. Capacité de sentir l’impact positif que j’apporte aux autres. Souligner les contributions, forces et talents. Remercier, remarquer et accepter de placer notre confiance en l’autre. Une action ou une parole qui rend compte d’une prise de conscience d’une compétence (geste, habileté, action positive, appréciable). Sentiment de fierté qui est ressentie lorsque d’autres vivants témoignent de leur gratitude par rapport à des gestes, efforts ou travail. C’est se rendre compte que notre valeur est reconnue par quelqu’un d’autre. »

« La reconnaissance, c’est : prendre le temps de s’arrêter pour apprécier son apport ou celui d’autrui au bien-être d’un individu, d’un groupe (famille, entreprise...) ou de la société en général. L’appréciation peut se faire de différentes façons (actions, paroles, aide, etc.) »;

« La reconnaissance, c’est : la capacité à voir les qualités et les actions des autres. Synonyme de gratitude. Savoir que l’on existe pour l’autre. Se sentir aimé et outrepasser son ego »

« La reconnaissance, c’est : quand quelqu’un te regarde et te manifeste son plaisir d’être à tes côtés et qu’il te le partage. Qu’il te fasse sentir important pour lui (sans toi, ce n’est pas pareil!); qu’il te fasse sentir que tu n’es pas seul et que tu fais partie de cette grande communauté ou de cette petite communauté (ton école, ta classe, ta faille, tes amis) »;

« La reconnaissance, c’est : le sentiment de se sentir utile, valable, d’exister… ».

Les formes de reconnaissance

Serge Marquis propose une typologie de deux formes de reconnaissance qu’ils subdivisent en sous-catégories.

  1. Le jugement d’utilité

    Il est émis par le personnel d’encadrement, les clients ou les subordonnés. Le sujet espère que, par exemple, la pertinence de sa contribution, l’ingéniosité déployée dans l’accomplissement de ses tâches, les risques pris pour atteindre les objectifs dans des conditions difficiles seront reconnus. « On ne fait jamais une indigestion de reconnaissance, on ne fait qu’une indigestion de mépris ou d’indifférence… »

  2. Le jugement de beauté

    Il est surtout décerné par les pairs. Ce jugement a une importance capitale, car c’est par lui que le sujet sent qu’il est intégré à une communauté d’appartenance. Mais le jugement touche les caractéristiques et les qualités qui distinguent son travail de celui des autres. Ce jugement est porté par ceux qui sont le mieux à même de connaître les règles et les difficultés du travail et qui peuvent porter le jugement le plus sévère, le plus exigeant et le plus motivé. Par le jugement de beauté décerné par les pairs, l’individu acquiert donc à la fois le sentiment d’appartenance, mais aussi un sentiment d’identité. Le sujet attend que l’on reconnaisse la réalité de sa contribution à l’organisation du travail. Pour cela, il faut admettre (en parlant de l’employeur) que l’organisation du travail n’est pas parfaite et que la contribution des travailleurs est essentielle à son fonctionnement.

Le processus

Le Dr Marquis explique simplement qu’avec un peu de bonne volonté et un changement de perspective, toutes et tous peuvent arriver à l’art de la reconnaissance. Il cite la psychiatre Elissa Ely pour illustrer le changement de perspective : « Apercevoir l’univers globalement à des distances infinies porte moins de signification pour l’être qu’un long regard jeté à une paire d’yeux humains. »

L’art de la reconnaissance ne se dicte pas, ça doit faire partie de nos valeurs. Il faut oser, prendre le risque et offrir une présence attentive. Le pouvoir d’un membre du personnel d’encadrement a été acquis. Quand quelqu’un devient cadre, le pouvoir qu’il acquiert lui est donné par celles et ceux qui l’ont choisi comme par les employés.

En conclusion, la reconnaissance peut être contagieuse. Pourvu qu’on y croie, qu’on l’applique tant verticalement (dans un rapport d’autorité comme patron/employé) qu’horizontalement (dans un rapport plus communautaire, comme entre collègues, entre membres d’une famille ou d’un voisinage). Elle devient non seulement contagieuse, mais aussi souvent bidirectionnelle.

Merci d’avoir pris le temps de lire ce texte, c’est avec plaisir que nous l’avons rédigé.