Réseau des alliés

Le Comité diversité identité LGBTA de l’Alliance a lancé en 2013-2014 un projet ambitieux d’établir un réseau d’alliés dans les quelque 225 établissements de la CSDM ainsi qu’au Centre Académique Fournier et dans les campus de l’école Peter Hall.

Les membres du comité souhaitent qu’il soit constitué d’enseignantes et enseignants qui se préoccupent des questions de respect de la différence ou encore de diversité sexuelle. Ces alliés sont les yeux et les oreilles du comité LGBTA : ils diffusent l’information du comité dans leur milieu et ils peuvent également partager ce qui se fait dans leur établissement à propos de l’identité sexuelle, de la diversité, pour contrer l’intimidation, etc. ; l’idée étant de constituer une banque d’activités à diffuser dans les écoles et les centres par l’entremise de la page LGBTA du site de l’Alliance.

Devenir un Allié du Comité diversité identité LGBTA et représenter son école est simple, facile, et requiert peu de travail. Les membres de l’Alliance intéressés doivent remplir le formulaire ci-dessous pour s’inscrire.

Candidature pour devenir un Allié du Réseau LGBTA

Je désire devenir l'Allié du Réseau LGBTA-Alliance de mon établissement

 

Le réseau des Alliés LGBT de l’Alliance compte 308 représentantes et représentants dans 133 établissements de la CSDM

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Banque d'activités

 

L’idée de constituer une banque d’activités à diffuser dans les écoles et les centres fait du chemin. Ci-dessous, quelques initiatives de collègues afin de voir ce qui se fait dans certains établissements à propos de l’identité sexuelle, de la diversité, pour contrer l’intimidation, etc.

Bilan de 2016 et perspectives 2017

L’année 2016 a été marquée par des coups durs pour les personnes LGBTA et leurs alliés, entre autres à Orlando et en Caroline du Nord, mais ici au Québec de grands gains ont été effectués, en particulier pour les personnes transsexuelles.

Tout d’abord, en fin 2015, le Code civil du Québec a été modifié afin de faciliter le changement de la mention de sexe sur le certificat de naissance. Quel était le problème? L’ancienne réglementation obligeait les personnes transsexuelles à subir une intervention chirurgicale de changement de sexe afin de pouvoir modifier leur statut de M ou de F. Mais puisque plusieurs années pouvaient s’écouler avant qu’une personne transsexuelle ait accès à une chirurgie, et aussi parce que plusieurs personnes transsexuelles ne ressentent pas le besoin d’en avoir une, cette réglementation forçait des personnes à vivre avec des papiers d’identité les exposant aux regards, à la discrimination et à la violence.

Le nouveau règlement permet aux personnes trans de 18 ans et plus de changer rapidement leur nom et leur mention de sexe en prêtant simplement serment du sérieux de leur démarche. En juin 2016, le Code civil a de nouveau été modifié pour que ces modifications s’appliquent également aux personnes mineures, à quelques différences près. Ainsi, un jeune de 14 ans et plus peut désormais présenter par lui-même une demande de changement, même sans ses parents, à condition d’avoir une lettre d’appui d’un psychologue ou médecin. Aussi, le changement est désormais possible pour les enfants de moins de 13 ans, la demande devant être présentée par les parents.

Également en juin 2016, l’article 10 de la charte des droits et libertés a été modifié afin de mentionner spécifiquement que l’identité de genre et l’expression de genre ne sauraient être un motif de discrimination.

« Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. »

Quel est l’impact sur le milieu de l’éducation? Avec ces changements législatifs et l’acceptation sociale grandissante du phénomène, il faut s’attendre à voir de plus en plus de nos élèves amorcer un processus de transition. Il est important que nos écoles soient préparées à accueillir et accompagner ses élèves, autant au niveau de l’organisation scolaire (dossiers, codes de vie, codes vestimentaires) que de nos interventions quotidiennes en classes.

La CSDM a été une pionnière dans le dossier en 2016 en devenant la première commission scolaire au Québec à se doter d’une politique sur le sujet. Cette politique a servi de base dans l’élaboration de lignes directrices nationales qui seront transmises à tous les établissements d’éducation du Québec au courant de 2017.

Pour consulter le document 

 

 

École St-Louis-de-Gonzague -Marie-Émilie Gagné

 

Une suggestion pour celles et ceux qui recherchent un livre pour aborder les différences dans leur classe? La princesse qui n’aimait pas les princes, d’Alice Brière-Haquet (éditions Actes Sud), est un album qui traite du thème de l’amour de manière humoristique et simple. Comme dans tout conte de princesse habituel, le roi désire marier sa fille. Sauf que la fin de l’histoire n’est pas aussi habituelle. Une ribambelle de princes, tous très différents les uns des autres, viennent pour demander la main de la princesse, mais rien n’y fait. Le roi fait donc appel à une fée afin que celle-ci lui donne un coup de main… À vous de découvrir la fin!

Les enfants de ma classe ont trouvé le livre très drôle et plusieurs questions ont été posées après la lecture du livre. C’est un bon déclencheur afin de discuter des différences et de la préférence amoureuse. Le livre est adapté davantage pour le préscolaire et le premier cycle, mais il est accessible pour le deuxième cycle pour celles et ceux qui désirent pousser la réflexion plus loin.

Bonne lecture!

École Louis-Hippolyte-Lafontaine - Julie-Catherine Mercadier, enseignante de 6e année

Avec mes élèves de 6e année, nous avons parlé de gens inspirants, comme Harvey Milk (Homme politique américain et militant pour les droits civiques des homosexuels. Premier « superviseur » [poste similaire à celui de conseiller municipal] ouvertement homosexuel de la ville de San Francisco. Il a été assassiné avec le maire de San Francisco le 27 novembre 1978.)

Ensuite, nous avons repeint le cabanon du stationnement aux couleurs du drapeau de la fierté gaie. 

Lors de la semaine contre l’homophobie, nous avons lu collectivement le roman d’Arthur Tenor, À mort l’innocent. Dans ce roman il est question d’un instituteur français qui se fait intimider et accuser de meurtre. Après l’avoir lu et décortiqué, mes élèves comprennent très bien la différence entre être homosexuel et pédophile. 

Bientôt, nous allons faire une exposition sur le thème de LA FAMILLE, dans laquelle nous présenterons des statistiques sur les familles (monoparentales, reconstituées, homoparentales...). Ce projet a pour but de démontrer qu’il existe une grande diversité de familles et que tous les types de famille sont respectables.

Enfin, j’ai dans ma bibliothèque de classe plusieurs des romans qui étaient suggérés par le comité l’an dernier.

École St-Louis-de-Gonzague, annexe - Patrick Simard, enseignant de 3e année

Voici une activité que j’ai vécue avec mes élèves de 3e année pour souligner la Journée internationale contre l’homophobie.

La journée a débuté par une présentation des affiches de la « collection rose » proposées par Gai Écoute. Lesdites affiches utilisent l’humour comme fil conducteur et emploient le rose afin d’évoquer la couleur associée aux préjugés envers l’homosexualité. Elles dénoncent plusieurs propos homophobes en les recadrant dans un contexte plus approprié. Vous pouvez voir les affiches à l’adresse suivante : http://www.gaiecoute.org/campagnes-sensibilisation . Ces présentations ont servi à susciter la discussion chez mes élèves sur les paroles blessantes et particulièrement sur les propos homophobes.

Par la suite, je leur ai parlé de la Journée internationale contre l’homophobie et de la nécessité de poser des gestes concrets pour sensibiliser les autres élèves sur les effets néfastes que peuvent susciter de tels propos. Spontanément, un élève a écrit un poème dénonçant l’utilisation injustifiée de paroles homophobes. Voici le poème :

Aujourd’hui, c’est la Journée internationale contre l’homophobie :

L’homosexualité sans préjugés!

Arrêtons de s’injurier,

En nous traitant de gais.

Il y en a qui sont pas gênés de les juger,

Il y en a qui n’ont pas de pitié

Pour les énerver.

Les maltraiter, c’est mal élevé.

Merci de nous avoir écoutés.

Les élèves ont alors décidé d’aller le lire dans chacune des classes pour souligner la journée du 17 mai. Comme ils étaient alors les plus petits de l’école (notre établissement a deux pavillons), cela leur a demandé une bonne part de courage, mais ils étaient très contents d’eux après leur visite dans les autres groupes (et bien entendu, leur prof était particulièrement fier de l’action que ses petits élèves avaient posée).

École Joseph-François-Perrault - Élyse Bourbeau, enseignante

Tout a commencé en mai 2014 lorsque les élèves du comité Amnistie International (encadré par l’enseignante Geneviève Guimond) ont eu l’idée d’organiser une fête pour la journée internationale de lutte à l’homophobie. Dès que l’idée a été lancée, les élèves ont tous amené leur contribution à l’organisation. Une élève a invité une amie auteure-compositrice-interprète à venir donner un concert extérieur. D’autres se sont chargés de monter une table parlant de l’homophobie dans le monde. D’autres encore ont amené banderoles et affiches, et aussi du maquillage pour dessiner des drapeaux sur les bras et les visages des gens. Sans compter ceux qui ont simplement pris le temps d’installer chaises, tables et micros.

Et les profs et la travailleuse sociale, eux? Ils ont aidé en allant se procurer le matériel nécessaire, en demandant des budgets à la direction, et en supervisant l’organisation de la journée. Nous avons aussi invité à la fête un organisme communautaire LGBT (alterheros.com) qui distribuait des macarons contre l’homophobie. Enfin, nous avons contacté le journal local qui a publié un article sur le sujet.

En tout, l’activité n’a duré qu’un midi, mais on a continué de voir macarons et élèves maquillés tout l’après-midi. Ça peut sembler anodin, mais imaginez l’impact que peut avoir un tel événement, festif plutôt que moralisateur, sur les jeunes LGBT dans une école. Non seulement il dénonce l’homophobie, mais il dédramatise et valorise le fait d’être gai, lesbienne ou bi. En fait, la conclusion que je tire de cette journée est : laissez vos élèves faire la plus grosse part du boulot. Ils sont ouverts d’esprit et débrouillards, plus qu’on peut le penser. Et surtout, l’homophobie est pour la grande majorité d’entre eux un anachronisme qui n’a pas sa place. Laissons-leur les rênes et ouvrons-leur les portes, ils n’attendent que ça!

 

Les membres de l’Alliance qui développent des projets en lien avec la diversité sexuelle sont invités à faire parvenir à webmestre@alliancedesprofs.qc.ca les détails de leurs activités qui seront diffusés dans cette page.

Comité diversité et identité - LGBTA