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Sept syndicats de l'enseignement lancent un appel aux parents - STOPPONS L'IMPLANTATION DE LA RÉFORME DE L'ÉDUCATION POUR LE BIEN DE L'ÉCOLE PUBLIQUE ET DES ÉLÈVES EN DIFFICULTÉ
Le lundi 9 mai 2005

Les présidences de sept syndicats des secteurs d’enseignement primaire, secondaire, professionnel et des adultes lancent un appel aux parents leur demandant d’unir leurs voix aux leurs pour exiger du ministre de l’Éducation une révision importante de la réforme scolaire au primaire et un moratoire sur son implantation au secondaire.

         Les syndicats de l’enseignement Secondaire des Basses-Lauren-tides, de la Haute-Yamaska, de l’Outaouais, de la région de Laval, de la Seigneurie des Mille-Îles et des Seigneuries ainsi que l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal invitent les parents des élèves du primaire et du secondaire à signer une pétition, qui sera mise en ligne au cours de la semaine au www.stopponslareforme.qc.ca et déposée à l’Assemblée nationale, afin de réclamer le moratoire et les modifications souhaités autant par le personnel enseignant que par les parents.

         « Les parents doivent savoir que les élèves en difficulté seront les grands perdants de l’implantation de cette réforme. Le nouveau régime pédagogique nécessaire à l’implantation de la réforme est sur le point d’être adopté par le gouvernement; il prévoit notamment la fermeture des classes de cheminement particulier au secondaire pour les élèves en difficulté. Non seulement ces élèves les plus démunis n’auront plus droit aux services à temps plein d’un orthopédagogue dans une classe de 20 élèves pour leur donner une réelle chance de réussite, ils seront aussi intégrés sans services de soutien dans un groupe de 32 élèves. Cette coupure de services, gracieuseté de la réforme, aura donc des effets sur l’ensemble des élèves qui devront accepter que les profs consacrent plus de temps aux élèves en difficulté intégrés dans leur classe. C’est inadmissible, tant pour les élèves en difficulté que pour les autres, et ceci ne peut qu’avoir des impacts négatifs sur la qualité de l’école publique », d’affirmer Pierre St-Germain, président de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.

            Les présidences de ces syndicats, qui représentent environ 20 000 enseignantes et enseignants, veulent s’assurer que la population comprend que les problèmes de cette réforme sont beaucoup plus profonds que le manque de matériel pédagogique ou de formation pour les profs. « La population doit être consciente que le gouvernement prend un virage sociopolitique important avec cette réforme. En imposant aux profs l’approche unique des compétences, il abandonne sa mission d’instruction au profit de la qualification. Désormais, le savoir-faire devient plus important que la connaissance.

      « Les élèves n’auront plus besoin de connaître et de comprendre la matière, ils devront tout simplement être en mesure de l’utiliser. La société québécoise ne doit pas tomber dans ce piège d’une approche utilitariste. La jeunesse québécoise doit pouvoir compter sur un système scolaire public qui donne priorité à l’instruction et à la socialisation plutôt qu’à la qualification », de poursuivre Sylvain Mallette du Syndicat de l’enseignement secondaire des Basses-Laurentides.

      Les appréhensions sur les fondements et l’efficacité de cette réforme ont été importantes dès son arrivée au primaire. La réforme québécoise, inspirée des réformes européennes, repose d’abord et avant tout sur le développement de l’enfant, en fonction de son propre rythme et de sa capacité de se servir de son environnement pour apprendre. Or, les enseignantes et enseignants qui l’appliquent au primaire depuis cinq ans n’en sont plus aux appréhensions mais au constat qu’il faut corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard. « Ça ne marche pas! Les profs ne savent plus où donner de la tête avec les projets à inventer. Les élèves, n’ayant pas le bagage de connaissances nécessaires, par exemple les règles de base du français ou des mathématiques, n’arrivent pas à développer correctement leurs compétences. L’organisation par cycles de deux ans n’a rien changé au rythme d’apprentissage. L’interdiction d’évaluer les connaissances, l’absence d’échec au bulletin et la politique de promotion automatique et de non-redoublement font en sorte que des élèves peuvent traîner leurs difficultés tout au long de leur parcours scolaire primaire et malgré tout être promus au secondaire. Ça ne tient pas debout! » ont ajouté Michel Paquette et Éric Bédard, représentant respectivement les profs du primaire des syndicats d’enseignement de la Seigneurie des Mille-Iles et de la Haute-Yamaska.

      Une des grandes innovations de la réforme au secondaire est un leurre. Les Parcours axés sur la formation à l’emploi (PAFE) – qui ne sont pas des diplômes - permettront aux élèves dès la 3secondaire d’obtenir une forme d’attestation pour exercer un métier sous-spécialisé ou semi-spécialisé. « Ce faux diplôme est à la fois une fraude et un abandon des efforts pour aider les jeunes en difficulté à s’en sortir. La fermeture des classes de cheminement particulier au profit des PAFE revient à dire que tous les efforts cesseront pour aider un jeune de 12-13 ans à surmonter ses difficultés scolaires. Le seul avenir qui lui reste est de compléter d’ici la 3e année du secondaire un certificat lui permettant de travailler comme aide-cuisinier, par exemple, sans autre chance de pouvoir obtenir un emploi de qualité accessible grâce à un diplôme d’études professionnelles ou d’études secondaires. Comment peut-on abandonner et condamner des enfants si jeunes à la précarité d’emploi et au salaire minimum pour la vie! » d’enchaîner Stéphane A. Aucoin du Syndicat de l’enseignement des Seigneuries, représentant des profs du secondaire, et Diane Nault, enseignante à la formation professionnelle, du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, qui craint également que l’arrivée des PAFE entraîne la dévalorisation de la formation professionnelle.

      « Nous ne pouvons plus garder cette triste réalité derrière nos portes closes sans mot dire. Nous avons le devoir d’informer les parents que, malgré tous nos efforts depuis cinq ans, cette réforme nuit plus qu’elle n’aide les élèves. Mes collègues ont déchiré leur programme de formation de la réforme et se sont remis à enseigner « clandestinement ». Si les parents joignent leurs voix à celles des enseignantes et enseignants, le MEQ aura bien du mal à nous imposer sa réforme. Faire marche arrière ne serait pas un recul dans ce cas-ci. Il n’est jamais trop tard pour bien faire », de conclure Christian St-Louis, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Laval.

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Source :   Alliance des professeures et professeurs de Montréal

                Syndicat de l’enseignement secondaire des Basses-Laurentides

                Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska

                Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais

                Syndicat de l’enseignement de la région de Laval

                Syndicat de l’enseignement de la Seigneurie-des-Mille-Îles

                Syndicat de l’enseignement des Seigneuries

Pour information : Yves Parenteau, 514-383-4880, poste 241, ou 514-910-3195 (cellulaire)